Les Cérémonies de commémoration de la libération de Saint-Symphorien : 2021 et 2020

Dernière mise à jour : 22 déc. 2021

Tours, le lundi 23 août 2021 : Comme chaque année, notre association à participé aux cérémonies de la libéralisation de Saint-Symphorien. Nous vous proposons de prendre connaissance du programme de cette commémoration et d'en suivre les principales étapes à l'aide du diaporama.







Août 2020 : Invité par le Cabinet du Maire de Tours, les représentants de l'association Pitrichacha ont assisté à la cérémonie de commémoration de la libération de Saint-Symphorien (Alain Vigneron et Yves Massot). La cérémonie a débuté au monument aux morts à l'entrée de la base aérienne de Tours nord, à l'endroit même où les personnes ont été fusillées. Deux anciens combattants ont nommé les personnes mortes pour la France et les autorités ont déposé des gerbes de fleurs. Nous nous sommes ensuite dirigés vers le cimetière de Saint Symphorien pour rendre hommage à Messieurs AUBRUN, CLÉMENT et GERNSHEIMER. Il m'est apparu important de publier les textes lus lors de cette cérémonie, en mémoire des personnes qui se sont battues au péril de leur vie pour notre liberté. (Pour lire les textes,cliquez sur ce lien). La cérémonie s'est terminée au monument aux morts de la Place Coty. C'est un travail de mémoire collective indispensable qui me paraît encore plus important à l'heure où les négationnistes redoublent leurs actions indignes et pitoyables.






Recueillement sur la tombe de Monsieur Georges AUBRUN

Monsieur Georges AUBRUN est né le 3 juillet 1914 au Ponts-de-Cé dans le Maine-et-Loire. Fils de Auguste Xavier AUBRUN et de Marie Augustine RAVION, Georges AUBRUN, secrétaire de police, était marié à Marcelle Gabier, secrétaire sténodactylo ; le couple était domicilié 21 quai d’Orléans à Tours. Georges AUBRUN appartenait au groupe Baobab du réseau de résistance Marco Polo, réseau de renseignement à destination de Londres créé fin 1942 à Lyon et réunissant un nombre important de Tourangeaux et Tourangelles. Leurs actions étaient multiples, aide au passage de la ligne de démarcation, hébergements de résistants, fabrications de faux papiers, participation aux opérations aériennes. L’une des figures locales marquantes était l’abbé Jérôme Besnard.

Georges AUBRUN fut arrêté et torturé. Incarcéré dans la prison rue Henri-Martin, Georges AUBRUN, ses camarades et d’autres prisonniers en furent extrait le 9 août et conduits au camp d’aviation de Tours pour y être fusillé. Après leur exécution par balles, les 26 corps furent sommairement enfouis dans des trous de bombes. C’est fin août, du 26 au 29, que leurs corps furent découverts puis inhumés au cimetière de Saint-Symphorien après des obsèques officielles. La mention - Mort pour la France- a été apposée à son acte de décès (établi le 21 septembre 1944) en date du 10 octobre 1945. Il a été décoré de la Médaille de la Résistance le 19 août 1953, publication au J.O. le 25 août 1953. Dans le cimetière Saint-Symphorien à Tours (partie nord) un monument a été édifié "À la mémoire des 26 victimes de la barbarie allemande fusillées au camp d’aviation de Saint-Symphorien - le 9 août 1944. Son nom est également gravé sur le monument Aux martyrs de la résistance d’Indre-et-Loire, érigé à l’entrée de la base aérienne 705 et sur la Plaque commémorative de l’Union amicale du Personnel de la Police à Tours.

 

Recueillement sur la tombe de Monsieur James CLÉMENT

Monsieur James CLEMENT, Canadien anglophone, est né le 9 mars 1921 à BRANDA province du MANITOBA au Canada. il es le fils de Charles WESLEY et de Alice ANNA MAC VICAR.

Engagé dans la Royal Air Force, 405th Squadron, matricule 24656, détaché de la Royal Canadian Air Force, le lieutenant CLEMENT, officier Bombardier de l’Avro Lancaster ND344 (LQ-V) participa au bombardement de la gare de Saint-Pierre-des-Corps près de Tours mais son avion bombardier fut abattu dans la nuit du 11 au 12 juin 1944 au-dessus de VOUVRAY lors de sa 19e mission de bombardement.

Il sauta en parachute puis réussit à rejoindre « La Salle Girault » ferme de la famille BODINEAU à LARCAY , où il fut recueilli par Roger BODINEAU et ses fils Raoul et Daniel , résistants du Réseau Bourgogne, qui hébergeaient des agents chargés d’émissions vers Londres. Le reste de l’équipage a pu échapper aux Allemands sauf le radio Devine de la Royal Air Force qui fut fait prisonnier.

« La Gestapo a débarqué chez nous le 24 juillet 1944. Ils le cherchaient. J'avais 15 ans. Les agents m'ont battu pendant plus d 'une heure trente, devant mes parents, avec un tuyau d'arrosage rempli de sable. J'ai craqué », raconte Daniel BODINEAU.

Son père, Roger BODINEAU et l'aviateur canadien James CLEMENT seront fusillés le 9 août 1944 avec 24 autres résistants au camp d’aviation de Saint-Symphorien. Sa mère Marcelle, déportée à Ravensbrück, en revint en 1945.

Inhumé au cimetière de Saint-Symphorien. Carré 5 - Tombe 4350, il avait 23 ans. Son nom est gravé sur le Mémorial aux fusillés de Saint-Symphorien, à l’entrée de la base aérienne 705. Le fils biologique de James CLEMENT, Jim Bradley, n’a découvert le nom de son père que récemment, après le décès de sa mère remariée à un Américain. Il est venu se recueillir sur la tombe à Saint-Symphorien en septembre 2012.

 

Recueillement sur la tombe de Monsieur Walter GERNSHEIMER

Monsieur Walter GERNSHEIMER est né le 7 juillet 1919 à Sarrebruck en Allemagne près de la frontière française. Militaire, déporté à AUSCHWITZ, il est décédé le 16 février 1945 à BUCHENWALD en Allemagne.

Par arrêté du secrétaire d'Etat aux anciens combattants et victimes de guerre en date du 10 octobre 1991, il a été décidé d'apposer la mention « Mort en déportation » sur son acte de décès. Sa tombe est située au cimetière de Saint-Symphorien.

Une plaque a été posée par sa mère Mme Mina GERNSHEIMER le 15 mars 1987, en hommage à son fils, résistant.

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