Inondations, territoires résilients et ville de demain 

Avant propos : Les inondations actuelles dans le sud-ouest de la France sont dramatiques pour les habitants, pour leur biens et d'une façon générale pour l'économie de la région. Je vous propose une réflexion sur ce sujet à partir de catastrophes qui ont défié la chronique en son temps. Il faut noter que la plupart des maisons sinistrées ont été construites avant l'adoption du Plan de Protection des Risques d'Inondation (PPRI).

Définition : En géographie et en aménagement, la notion de résilience désigne la capacité des villes à limiter les effets des catastrophes et à retrouver le plus rapidement possible un fonctionnement normal.

 

Les faits sont têtus : certaines catastrophes restent inexorablement inscrites dans la mémoire collective ; celles de Vaison-la-Romaine, du Grand-Bornand et la tempête Xynthia sont les plus significatives. Toutes ces inondations ont plusieurs points communs : un manque flagrant de vigilance et de prévoyance, une sous-estimation des lois de la nature et de la physique et une urbanisation non maîtrisée.

 

Le Grand-Bornand : Une crue éclaire du Borne, suite à l’orage diluvien du 14 juillet 1987, a fait 23 morts dont 2 disparus. Le Plan de Prévention des Risques était en cours d’élaboration et le plan d’urbanisme n’avait pas pris en compte de possibles débordements. Au bout de 10 ans de procédure, la cour d’appel de Lyon a reconnu le caractère prévisible de la catastrophe. L’état et la commune ont été condamnés à indemniser les victimes.

 

Vaison-la-Romaine : Le 22 septembre 1992, la crue de l’Ouvèze consécutive à de violentes pluies a entraîné la mort de 38 personnes et 4 disparus. Les experts, dont Haroun Tazieff, sont unanimes pour considérer que l’urbanisation autour de la vieille ville relève d’une politique imprudente dans des zones à risques et répertoriées comme telles.

 

Xyntia : Cette dépression météorologique a causé la mort de 29 personnes à la Faute-sur-mer en Vendée. Le 12 décembre 2014, le TGI des Sables d’Olonne condamne le Maire à 4 ans de prison ferme, son adjointe à 2 ans ferme et 75 000 € d’amende. La cour d’appel de Poitiers requiert 4 ans de prison pour le maire dont 2 ferme et 2 ans pour son adjointe dont 15 mois ferme.

 

Dérèglement climatique : Voilà pour les catastrophes les plus importantes de ces dernières années, mais malheureusement, il y en a eu bien d’autres et ce n’est que le début. Les dernières précipitations que la France a connues en juin 2018 doivent accroître la vigilance collective. À chaque fois qu’il est nécessaire, il faut analyser les faits sans maugréer contre la météo, éviter de se retrancher derrière la fatalité climatique ou penser que la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle va soigner tous les maux. 

Nous sommes irrémédiablement confrontés à un réchauffement de la planète et ce phénomène va s’accélérer déclenchant d’autres types de perturbations et pour certaines irréversibles. 

 

Les directives européennes : A voir comment de grandes villes comme Prague, Dresde, Cologne, Breslau, Varsovie et d’autres ont perdu en termes de compétitivité économique à la suite des inondations des années 1990 à 2002, la Commission européenne a demandé à chaque état de mettre en œuvre une directive sur la prévention et la gestion des conséquences négatives des territoires, au nom de l’attractivité et de la compétitivité de l’Europe**. (PGRI, TRI, SLGRI, PAPI) 

 

La réglementation : Les différentes réglementations thermiques, et en particulier la RT 2012, ont eu pour effet d’améliorer les performances énergétiques des bâtiments, mais aussi augmenter les coûts de la construction. Il en est de même pour la réglementation de la protection incendie ou de l’accessibilité des personnes à mobilité réduite (PMR) dans les établissements recevant du public (ERP). Il va falloir inexorablement prévoir des surcoûts pour les nouvelles constructions érigées sur les Territoires à Risque important d’Inondation (TRI). En pleine période de révision du PLU, des décisions courageuses sont à prendre.

 

Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets : 

1 - Les causes : Le débordement direct d’un cours d’eau de son lit majeur (fortes pluies, fontes des neiges) est la principale catastrophe que tout le monde redoute. Le débordement indirect suite à la remontée des nappes phréatiques est plus sournois, car souvent imprévisible, L’urbanisation galopante a entraîné un bétonnage et un goudronnage généralisé imperméabilisant les sols et accentuant les risques d’inondation. Une conception urbanistique innovante doit nous permettre de lutter contre cette situation considérée jusqu’alors comme irréversible. La minéralisation à outrance des centres-ville augmente ce phénomène sans pour autant faciliter l’évacuation des eaux.

 

2 - Les effets : Les pluies diluviennes qui se sont abattues ces derniers jours sur la France et leurs conséquences doivent nous contraindre à repenser notre conception urbanistique, l’écologie urbaine, toutes les procédures liées aux risques d’inondation, l’entretien des cours d’eau (dépôts sédimentaires, berges, embâcles, végétation, déchets, etc.) la perméabilité du sol, l’assainissement et la gestion des eaux pluviales, la responsabilité et le contrôle des syndicats gestionnaires des cours d’eau et bassins versants.

 

Les remèdes préventifs et défensifs : Pour les inondations, l’endiguement est une protection ancestrale réputée comme efficace. Malheureusement, l'état des digues* laisse souvent à désirer et en cas de rupture, le remède risque d’être plus grave que le mal. 

Des établissements spécialisés comme l’Établissement Public Loire aide les collectivités, les entreprises et les EPCI à bien gérer la prévention des inondations sous forme de diagnostics. 

Pour les eaux pluviales, il faut travailler sur plusieurs principes : l'évacuation rapide (pente), le stockage pour des utilisations diverses et le retardement de l’évacuation. À l’instar de ce qui se pratique pour les réseaux gaz, la tuyauterie représente une certaine capacité de stockage. Donc, au moment de la conception ou de la rénovation, il ne faut pas hésiter à surdimensionner le diamètre des conduites. Certaines villes ont innové en réalisant une gestion centralisée des eaux pluviales (vannes à guillotine, bassins de rétention, maillage, réseau de capteurs, assistance informatisée pour réguler l’évacuation des EP, caméras (smart city). Toutes les solutions seront mises en œuvre pour empêcher l’inondation et en cas d’échec ou d’impossibilité, il faut se préparer à en minimiser l’impact et à optimiser la remise en route des installations et de l’activité en utilisant une check-list d’interventions.

 

La loi GEMAPI :  La loi MAPTAM du 27 janvier 2014 donne désormais compétence aux établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre à compter du 1er janvier 2018 de gérer principalement : l'aménagement d'un bassin ou d'une fraction de bassin hydrographique, l'entretien et l'aménagement d'un cours d'eau, canal, lac ou plan d'eau, y compris les accès à ce cours d'eau, à ce canal, à ce lac ou à ce plan d'eau, la défense contre les inondations et les raz de marée et la protection et la restauration des sites, des écosystèmes aquatiques et des zones humides ainsi que des formations boisées riveraines. 

 

L’innovation et la veille technologique : La mise en commun des bonnes pratiques et des expériences sera de nature à optimiser les solutions à mettre en œuvre en fonction des spécificités du territoire. Voilà un chantier pour des organismes comme France Urbaine. À partir d’une veille organisée, méthodique et partagée, il s’agit d’établir des rubriques et des fiches techniques (actions) décrivant les principes, les matériaux et les installations pour équiper la ville de demain.

 

Les indicateurs : Selon l'ADEME, les indicateurs trouvent leur intérêt dans la vulnérabilité selon sept rubriques à savoir, physique, environnementale, économique, sociale, sanitaire, culturelle et institutionnelle. Certains organismes gèrent des indicateurs de leur spécialité. Pour obtenir une administration dynamique, il convient, dans le cadre de l'Open Data, de construire une application ad hoc et récupérer les données là où elles se trouvent, de créer celles qui n'existent pas et d'administrer l'historique. 

 

Conclusions : L'assainissement et les eaux pluviales sont en règle générale des thématiques gérées par les communautés de communes ou les métropoles. Malheureusement, elles n’ont pas une très grande attractivité électoraliste si bien que peu d’élus s’y intéressent et les dotations budgétaires en souffrent. C'est bien regrettable, car le confort et la sécurité de nos concitoyens doivent faire l’objet de toutes les attentions en protégeant l’habitat, les équipements tertiaires et industriels. Pour s'en convaincre, il suffit d'avoir vécu une seule fois dans sa vie, une inondation.

 

Rappel thermodynamique :

  • La chaleur sensible est celle ressentie par le corps humain ;

  • Le réchauffement de l’air favorise l’évaporation (chaleur latente de vaporisation) ;

  • Plus une masse d'air contient de l'eau et plus elle contient une quantité de chaleur importante. Et donc plus cette masse d'air humide possède une inertie thermique élevée. 

  • Une atmosphère riche en eau accroît encore sa quantité de chaleur 

  • Plus la température augmente, plus l'air devient léger. 

  • Plus l'humidité augmente, plus l'air devient léger. 

Notes et références

* Définition de la digue selon "France Digue"

** Ecocités et conséquences des inondations : Nicolas-Gérard CAMPHUIS directeur du CEPRI

 

Fait à Tours le 6 février 2021 par Yves Massot

LA GRATUITÉ DES TRANSPORTS EN COMMUN

Les principes de base :

  1. la gratuité des transports en commun a pour corollaire systématique, la prise en charge des transports publics par le budget des collectivités ; donc l’impôt.

  2. dans notre société consumériste, ce qui apparaît comme « gratuit » devient rapidement dépourvu de toute valeur et de respect.

  3. le transport payant positionne l’usager en client et le prestataire en fournisseur ; il s’instaure alors une relation d’échange commercial positif.

  4. pourquoi se priver de la contribution des usagers solvables ?

Les villes pratiquant la gratuité : Aubagne, Compiègne, Châteauroux, Vitré, Gap, et Noyon (60) ont décidé de procéder à la gratuité des transports, mais ces villes ont en même temps modifié l’offre de transport ; l’impact de la gratuité n’a pas pu être apprécié sur une longue durée. On pourra noter que les élus de la ville de Châteauroux sont très satisfaits de leurs décisions en déclarant « ces résultats ont permis de rendre les transports plus attractifs grâce à la gratuité, à la refondation du réseau et à la rénovation de nouveaux quartiers ».

Les villes qui ont abandonné le transport gratuit : La gratuité prive les organisateurs des transports d'une partie des recettes. ''Dans la plupart des villes, la priorité serait davantage de développer le réseau et l'offre de transport. C'est l'avis des villes qui ont abandonné la gratuité'', comme Castellón (Espagne) qui a appliqué la gratuité de 1990 à 1997 ou Bologne (Italie) de 1973 à 1977.

Par ailleurs, c’est en raison de son coût excessif que des grandes villes (Bologne, en Italie, Castellon de la Plana, en Espagne, Hasselt, en Belgique, Sheffield et Rotherham, en Angleterre, Seattle, aux États-Unis d’Amérique) et des villes plus petites (Templin et Lübben, environ 15.000 habitants, en Allemagne ; Trebon, 9.000 habitants, en République tchèque ; Kristinehamm, 24.000 habitants, en Suède), ont fini par abandonner la gratuité. Bologne dispose aujourd’hui d’un remarquable réseau de transport urbain et périurbain qui n’aurait jamais vu le jour si la gratuité avait été pérennisée.

 

Les critères à prendre en compte :

  • Les coûts liés à la billetterie, à l’encaissement, au contrôle et à la gestion de la fraude doivent être pris en compte dans la gestion des transports payants.

  • 4 chômeurs sur 10 refusent un emploi faute de moyens de transport.

  • Un progrès de 1% de l'efficacité des transports (indicateur de la vitesse moyenne) élargirait de 1,39% à 2,25% la taille effective du marché́ de l'emploi, et cette dernière augmenterait ainsi de 0,24 à 0,56% la productivité de l'agglomération.

  • La répartition des ressources à Tours s’établit de la façon suivante :

  1. Les employeurs (Taxe Versement Transport) 46%

  2. Les collectivités territoriales (impôt) 35,5%

  3. Les voyageurs (recette commerciale) 16,5%

  4. L’état 2%

L’expérience de Grenoble : Grâce à l’amélioration de l’offre de transport et de l’information, Grenoble, a augmenté la fréquentation des transports collectifs de 25% en 3 ans pour atteindre 58 millions de voyageurs dont 25 millions par le tram tout en maintenant le transport payant. 

Tordons le cou aux idées reçues : Ce qui fait l’attractivité des transports en commun, c’est le confort, la cadence, la rapidité, la proximité des arrêts avec le domicile et le lieu de travail, le maillage, les ruptures de charge minimums (en nombre et en temps), l’accessibilité pour tous, le coût, la climatisation, la facilité d’accès aux horaires (appli portable). Selon une enquête de « Statista Research Department », les principaux critères dans le choix des moyens de transport viennent par ordre d’importance :

  1. La facilité d’usage,

  2. Le temps de trajet, 

  3. Le coût, 

  4. Le confort, 

  5. La sécurité, 

  6. L’impact sur l’environnement.  

 

Une tarification pour une meilleure équité : Une tarification solidaire (Strasbourg) peut assurer le droit à la mobilité, elle peut même impliquer la gratuité pour les plus démunis.

C’est dans cet esprit que TMVL a opté pour une tarification proportionnelle au quotient familial. La fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) est défavorable à la gratuité pour tous, mais favorable à la gratuité pour ceux qui en ont besoin.

 

L’automobile en référence : Un site très spécialisé précise à la fin d’une étude sur la qualité de l’offre et usage du transport public en milieu urbain : « La qualité de l’offre de transport public estimée très finement apparaît en effet comme une variable incontournable à prendre en compte pour expliquer l’usage des transports en commun. Toutefois, analysée individuellement, la qualité de l’offre seule ne parvient pas non plus à en expliquer l’usage. Ce n’est qu’en la comparant avec l’accessibilité fournie par l’automobile, principale concurrente, que l’on parvient à mieux comprendre, sur un ensemble de trajets donnés, les ressorts du choix modal. »

Le courage politique : la notion de gratuité détourne l’attention du problème de fond : la place excessive de la voiture dans l’espace public. Dans les villes qui l’ont instaurée, la gratuité sert souvent d’alibi pour éviter d’avoir à prendre des mesures impopulaires auprès des automobilistes. Les usagers des transports, les citadins et les contribuables attendent des élus non pas des solutions de facilité, mais du courage politique.

 

Taxe Versement Transport (TVT) : Les transports sont financés par les entreprises publiques et privées (établissement supérieur à 9 personnes) par la Taxe Versement Transport (TVT), perçue par l’URSAFF et reverser aux organismes organisateurs des transports en commun. Les périodes de sous activité comme celles que nous traversons défavorisent aussi fortement la TVT. TMVL a porté son taux de TVT à 2% comme la loi lui autorise étant un territoire à forte attractivité touristique.

 

L’effet tramway : L’arrivée du tram dans une ville a également d’autres effets positifs, notamment l’incitation à des recompositions urbaines, des aménagements de l’espace public (voirie, parkings relais, trottoirs, plantations...) ou d’autres opérations d’urbanisme (création de logements, de commerces ou de centres d’activité).

 

La dualité entre transport privé et public : En France, la somme totale dépensée par les ménages pour les transports atteint 147 milliards d'€ dont 126 milliards d'€ pour les modes individuels de transport et 20,6 milliards d'€ pour les transports en mode collectifs, dont 3,5 milliards d'€ en transports urbains de voyageurs. ''Ainsi un ménage moyen consomme énormément plus pour sa voiture individuelle, que pour le train, ou le transport collectif urbain. Le défi est donc de faire en sorte qu'une partie des dépenses consenties pour l'automobile par les ménages se reporte vers les transports collectifs'', conclut la fédération.

Une enquête quantitative menée par l'Institut Wallon d'études, de recherches et de formation (IWERF) en mai 1996 montrait que l'un des freins à la fréquentation des transports en commun était leur mauvaise image auprès des citoyens. ''Considéré comme une obligation, son usage ne suscite aucun plaisir. Au contraire, la voiture représente l'espace privé par excellence''. (Revue de presse - selon le site Actu-environnement)

 

Pas de hausse flagrante de la fréquentation des transports avec la gratuité : ’’À très court terme, la gratuité des transports en commun peut faire exploser la fréquentation qui diminue ensuite'', notait le programme de recherche et d'innovation dans les transports terrestres (Predit). ''En comparant des villes avec des transports en commun payants d'une taille voisine de celles pratiquant la gratuité, on constate qu'il n'y a pas de corrélation directe entre niveau de prix et usage'', poursuit le rapport. La gratuité a un réel impact sur la fréquentation lorsqu’elle est accompagnée de mesures restrictives de la circulation des véhicules en ville (politique de stationnement, voies de circulation spéciales). La qualité de l'offre (amplitude, fréquence, régularité) serait plus déterminante dans une augmentation de report modal.

 

La gratuité renforce la fracture territoriale : selon Jean Sivardière, vice-président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut), la gratuité renforce la fracture territoriale entre les villes où le transport est gratuit, mais l’offre médiocre, voire indigente, et les métropoles dont les habitants disposent d’une offre correcte et où, peu à peu, le rôle de la voiture régresse.

Une tarification solidaire (Strasbourg) peut assurer le droit à la mobilité, elle peut même impliquer la gratuité pour les plus démunis. 

 

Conclusions :

  1. La gratuité n’est pas un critère unique et déterminant pour mener une politique de développement quantitatif et qualitatif des transports en commun.

  2. La voiture ne doit pas être le mode de transport à bannir, mais à transposer en mode collectif. Une approche psychologique, sémiologique, philosophique et sociologique commandée par le ministère de l’Équipement, des Transports et du Logement a été réalisée par un groupe d’expert sous l’égide du CERTU. Son titre est révélateur « La voiture, cet incontournable objet de désir » dite aussi « l’objouet » (à disposition sur Internet)

  1. Pour développer les transports en commun, il faut travailler sur 4 leviers : l’investissement, les usages, l’image et la communication (TIC).

  2. Le développement des transports collectifs est un long processus qui est en train de s’accélérer ; 30% de plus ces 10 dernières années soit 125 millions de déplacements par semaine en France métropolitaine.

  3. Les nouvelles technologies et la robotisation participent significativement à l’amélioration du service rendu donc du trafic.

 

Fait à Tours le 1er février 2021 par Yves Massot

LA SILVER ÉCONOMIE

Définition : La Silver Économie est un nouveau concept créé en 2013 qui regroupe toutes les activités de produits et services destinés aux personnes de plus de 60 ans. L’espérance de vie augmentant, cette tranche d’âge a fortement progressé et a fait l’objet de toutes les attentions des spécialistes en marketing. 

Statistiques : Selon l’INSEE, les plus de 60 ans représentent en 2020, 26,6% de la population de la France Métropolitaine soit environ 17 millions de personnes. En 2060, ils seront 34,5% pour une population globale estimée à 73,6 millions, soit 25 millions de personnes. 

Comment nommer les plus de 60 ans ? Il fut une époque où les personnes âgées étaient assez mal considérées, et étaient fréquemment appelées : les vieux, les vieillards, ou les croulants ! Comme ces appellations ont été mal considérées, car très péjoratives et irrespectueuses, on est très vite passé au troisième âge puis aux personnes âgées. Est venue ensuite la notion de « retraité », mais ce vocable sous-entendant un « retrait » de la société, il n’a pas prospéré longtemps. Le marketeur, Jean-Paul Tréguier est venu à la rescousse avec la création de la dénomination de « Sénior » plus politiquement correct et pour cause… 

Le marché de la Silver Économie : il a été estimé à 300 000 emplois et 130 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour 2020 selon le ministère de l’Économie et des Finances. Plusieurs indicateurs laissent à penser que ce secteur va encore se développer et vont conforter les estimations de l’lNSEE précitées. La science médicale progresse et l’espérance de vie s’accroît. À titre d’exemple, il y a eu 157.400 décès par cancer survenus en 2018 en France, à l’inverse de l’incidence, le taux de mortalité est en perpétuelle diminution depuis 25 ans (source : fondation arc).

Le maintien à domicile : Selon un récent sondage, 90% des Français veulent vieillir chez eux. Cette donnée va très certainement évoluer à la hausse sachant que l’on a enregistré 13 263 décès dans les EHPAD dus à l’épidémie de la COVID19. Aujourd’hui, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) peut servir à financer une aide au maintien à domicile de la personne âgée. Par ailleurs, de nombreux services se sont développés pour améliorer la qualité de vie des personnes en perte d’autonomie. Ces activités font partie de la Silver Économie. 

L’habitat pour demain : Force est de constater que les standards actuels de la construction de l’habitat ne favorisent pas beaucoup le maintien des séniors à domicile. Dans cet état d’esprit, deux clusters "NOVECO" dans le région Tourangelle et "SILVER VALLEY" dans la région parisienne regroupent plus de 400 entreprises avec pour finalité d’innover dans le domaine de la Silver Économie. 

Sus aux préjugés : la chasse est ouverte !

  • Les seniors sont peu flexibles, moins adaptables : faux ! Ils ont beaucoup d’expérience et ont su s’adapter tout au long de leur carrière professionnelle.

  • Les seniors sont moins ouverts au changement : faux ! Ils ont été bien davantage confrontés au changement que les jeunes générations peu expérimentées. 

  • Les seniors sont moins bien formés : faux ! Ils se sont formés toute leur vie, aussi bien dans le cadre professionnel que dans l’école de la vie.

  • Les seniors ne sont pas très motivés, car leur carrière est derrière eux : faux ! Ils sont engagés et ils sont nombreux dans les organisations caritatives. 

  • Les seniors sont moins à l’aise avec l’informatique : faux ! Ils sont connectés et utilisent les nouvelles technologies dans leur quotidien, comme le font les jeunes générations. Extrait du blog www.emploisenior.net

 

Conclusion : Avec un peu de chance, nous deviendrons tous un jour séniors. Contribuer de près ou de loin, petitement ou grandement, d’une façon ou d’une autre à faire en sorte que cette tranche de vie soit la plus agréable possible nous sera à tous profitable.

Le bonheur supprime la vieillesse - Franz KAFKA

Fait à Tours le 21 janvier 2021 par Yves MASSOT

LA MARCHE

Mise au point sémantique : Nous parlons tous communément de marche à pied, mais on m’a fait remarquer récemment que c’était un pléonasme, car la marche ne peut pas se faire autrement qu’à pied. Mais bon sang, mais c’est bien sûr !

Mise au point statistique : On notera que dans les statistiques de la mobilité des Français, la marche représente 40% des déplacements. C’est bon pour la santé et la planète ; qu’on se le dise ! Une récente étude sur la mobilité des Tourangeaux révèle que 40% des déplacements en voiture sont inférieurs à 4km...

Les pratiquants y croient : la pratique régulièrement permet de maintenir un poids stable, faire baisser la tension artérielle et le taux de mauvais cholestérol. Elle peut aussi réduire le taux de glucose, améliorer l’humeur, la mémoire et la fonction cognitive, diminuer le stress, et augmenter sa durée de vie. De nombreuses études ont prouvé que la pratique de la marche était bénéfique à tout âge. (Source Futura Santé)

La marche et le portable : Des applications sur téléphone portable vous aident et vous conseillent comme Pacer, Santé, et bien d'autres. La fonction podomètre est essentielle pour comptabiliser les distances parcourues par journée, par semaine, etc. D’autres applis assurent votre géolocalisation et c’est bien pratique lorsqu’on est perdu. Vous pouvez aussi lancer des SOS à vos proches ou aux autorités de secours (exemple : echoSOS) et vous avez la boussole pour ceux qui ont perdu le nord. Ne partez jamais sans votre téléphone portable et bien rechargé comme il se doit.

La marche découverte : Aller rendre visite à la maison du vélo et de la rando au 31, boulevard Heuteloup à Tours, et vous y trouverez des fiches découvertes pour des randonnées ludiques tout en découvrant le patrimoine. C'est aussi une occasion inespérée pour bien connaître son quartier.

La marche nordique est un sport de plein air qui consiste en une marche accélérée avec des bâtons de marche spécifiques, généralement en matériau composite. Ce sport, très populaire dans les pays scandinaves, se pratique été comme hiver. (source Wikipédia)

La marche, lieu de rencontre et moyen d'expression : La marche blanche est née pendant l’affaire Dutroux. Elle rassemble dans un même but pour défendre des valeurs humanistes. D’une façon plus générale, la marche renforce l’amitié, car on y défend des causes communes, l’effort favorise la solidarité et le plaisir de se retrouver développe la fraternité !

Alors qu’attendez-vous ? En avant, marche...

Fait à Tours le 20 janvier 2021 par Yves MASSOT

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now